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#9
Action culturelle en milieu pénitentiaire - #8
Les ateliers décriture - #7
Rencontrer des auteurs - #6 Présence
de la poésie contemporaine - #4
Les revues à la barre - #2 Livre d'artiste, livre de bibliophilie
- #1 Fonds et politique dacquisitions
en librairie

Contrepoint(s) numéro 2
> Dossier : Livre d'artiste, livre de bibliophilie
Livre d'artiste, livre de bibliophilie... livre ! Dominique Mans
P.A.B : des bibliophiles alésiens au musée bibliothèque Pierre André Benoit. Axel HEMERY
Une collection publique : visite guidée. Gladys BOUCHARD
La bibliothèque et le patrimoine contemporain : "les livres singuliers" de la médiathèque la Durance à Cavaillon. Martine PRINGUET
Acquisitions précieuses et soutien de l'Etat. Claude GREIS
Pourquoi créer dans une bibliothèque de lecture publique un pôle autour de l'édition de livres différents. Martine CRIBIER
Jacques Clauzel : un portrait. Benoît LECOQ
Artiste et éditrice : où est la rigueur et où est la vague ? Astrid GERAUD
Figures du livre. Michaël GLÜCK

 « À quoi ressemble l'enfant dans le sein de sa mère ?
À un livre plié et mis de côté. »
La Michna
« Or, la vénération de la matière : quoi de plus digne de l'esprit ? »
Francis Ponge
Écrire répond à une démangeaison : invention d'alphabets d'insectes sous l'écorce, grattage de la peau, incision dans la chair ou dans la pierre, inscription dans l'argile. Irrépressible envie de tracer un sillon. Quant à l'importance de ce qui est semé, le moissonneur dira ce qu'il en est de sa faim. Le livre s'ouvre et se rompt comme un pain, pour une autre mastication.
Écrire est d'abord ce peu, mouvement de la matière ; jusqu'à l'excès.
Écorcher, écorcer, mettre à nu le lieu des rejetons. Épiphanie de la matière. Mater, liber. Les lettres sont de la lumière qui s'y dépose.
Tout signe.
Un livre accroît le monde, augmente les états de la matière, ses figures. Tout livre jeté au feu est défiguration de la matière.
Nous sommes matière.
Écrire : accueillir la matière du livre, se rendre disponible à son mouvement, entrer dans le travail de penser. Et penser le livre c'est toujours être au moins deux. Deux font le commencement du livre. Le livre est matière qui pense et donne à penser.
Il n'est livre que d'artistes. Ou, pour être, mieux encore, terre à terre, il n'est de livre qu'avec artistes. Le livre est avant la langue, né du geste qui déroule et qui ouvre. Ce qui s'ouvre précède ce qui uvre. L'uvre ne trouve son lieu que dans l'ouverture de la matière, matrice.
Michaël Glück
juin 1999
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