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#9
Action culturelle en milieu pénitentiaire - #8
Les ateliers décriture - #7
Rencontrer des auteurs - #6 Présence de la poésie
contemporaine - #4 Les revues à
la barre - #2 Le livre dartiste
- #1 Fonds et politique dacquisitions
en librairie

Contrepoint(s) numéro 6
> Dossier : Rencontrer des auteurs
Editorial par René Pons
De vive voix, la poésie. Pierre HILD
Le rôle des revues en matière de poésie. Lambert BARTHELEMY
Propos d'une poètesse. Anne-Marie JEANJEAN
Poésie : marge et contre-marge. Gérard FABRE
La poésie occitane depuis 1950
Poèmes inédits de Michèle CAVALLERI, René PONS, Tobie LOÇEK, Salah STETIE, Jean Gabriel COSCULLUELA, LJH
La poésie en Languedoc-Roussillon

 La poésie, que certains déclarèrent crevée, il y a une trentaine d'années, existe toujours ; mais elle n'existe plus de la même manière. Peu à peu, sa place a diminué au catalogue des grands éditeurs, dans les librairies, elles-mêmes en nombre de plus en plus réduit, et ce sont des éditeurs plus modestes qui lui permettent d'exister encore, même si, ici et là, des manifestations poétiques sont organisées qui pourraient faire croire qu'elle a un statut toujours aussi triomphant.
Et pourtant, inextinguible, elle perdure : les moins tonitruants médias non imagés lui donnent régulièrement la parole, à des heures matinales et tardives ; elle est abondante dans des revues dont le tirage fait sourire les amateurs de performances, on la publie même en volumes, des poètes sont invités, un peu partout, à lire, d'une voix plus ou moins bien assurée, leurs textes, et le Centre National du Livre, et les centres régionaux, que des écrivains étrangers nous envient, permettent à des oeuvres de paraître, qui, sans cela, seraient restées, c'est le cas de le dire, lettres mortes.
Il serait trop long, dans un éditorial, de chercher à comprendre pourquoi cette évolution. Pourquoi l'art de l'exigence, du retrait, de l'éclair, de l'intime, de l'affrontement à l'indicible, de l'essentiel, du travail sur la langue dépassée en tant qu'outil, du silence, pourquoi cet art qui nécessite lenteur, maturation, relecture, méditation, a été progressivement repoussé dans les marges, les souterrains, par la prolifération cancéreuse d'un roman trop souvent réduit à l'état de pur produit industriel.
Contentons-nous, ici, pour conclure, de saluer la résistance à la destruction de cet étrange pratique anachronique, conquête, au milieu du vacarme de ce silence intérieur où seul, comme le dit à peu près Roberto Juarroz, peut s'épanouir le poème et, avec lui, la liberté.
René Pons
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