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#9
Action culturelle en milieu pénitentiaire - #8
Les ateliers décriture - #7 Rencontrer des auteurs
- #6 Présence de la poésie
contemporaine - #4 Les revues à
la barre - #2 Le livre dartiste
- #1 Fonds et politique dacquisitions
en librairie

Contrepoint(s) numéro 7
> Dossier : Rencontrer des auteurs
Editorial par Benoît Lecoq
L'auteur est là, vous aussi
Jean DEBERNARD
Fausse présence. René PONS
Pourquoi je rencontre des enfants. René ESCUDIE
Lire-Rencontrer. Gérard FABRE
Flambeurs et croqueurs. Régine DETAMBEL
Toujours est-il que j'ai accepté en plusieurs occasions de lire mes poèmes. Bernard CHAMBAZ
Pour la rencontre. Jean-Louis VIDAL
Ecrire c'est se plonger dans un territoire de solitude. Emmanuel DARLEY

Emmanuel Darley, romancier dramaturge.
Banalité dusage : écrire cest se plonger dans un territoire de solitude. Saffronter des jours et des jours avec bonheur ou bien douleur avant de donner à lire ou à voir selon que ce soit roman ou théâtre. Pas grande différence. Tout de même pour cette confrontation-là quon écrit. Pas forcément quon vous dise quon vous aime, encore que, sans doute ça le but inavoué, mais que quelque chose, à partir du texte enfanté, séchange. Quil y ait relation entre le lecteur, le spectateur et vous. Drôle de relation. Appréciation simplement formulée, et soi-même on nest bien incapable en pareille circonstance de dépasser le célèbre Jaime beaucoup ce que vous faites ; véritable commentaire, explication de texte, comparaisons et références multiples à lappui et là, que dire, que répondre, acquiescer ? abonder dans le même sens ? et surtout, ensuite, comment mettre fin à cette démonstration savante ? ; témoignage timide et confus dune lecture ou de la vision dun spectacle où lhistoire personnelle de votre interlocuteur semble douloureusement mêlée. Drôle de chose, oui, de se confronter à ça. A ça et aux questions, elles aussi souvent délicates à contenter : entre les comment faites-vous ? , est-ce que cest difficile ? ou une des plus jolies que jai entendu, à propos du roman Un Gâchis, je ne sais si la question appelait une réponse et en tout cas, jai oublié ce que jai pu répondre, Comment un aussi charmant garçon peut-il écrire des horreurs pareilles ?
Drôle de chose, oui, et pourtant si agréable et nécessaire, afin de sentir le pourquoi de ce que lon a fait, davoir limpression, même vague, davoir, à un moment, touché au cur quelquun.
Des souvenirs restent : les quelques mots, les mots rares ce sont ceux-là les plus beaux, de détenus, perpétuités, après leur lecture du roman déjà cité Un Gâchis, le silence, longtemps, à la fin dune lecture publique.
Quelques mots, des silences, une communion autour dun texte, à ce moment-là presque étranger à soi, et puis ensuite, la suite, la circulation souterraine des textes, cest là qui suffit à donner à nouveau envie daffronter avec bonheur ou bien douleur, la solitude de lécriture.
Emmanuel Darley
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