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Contrepoint(s) numéro 8
> Dossier : Les ateliers d’écriture
Editorial par René Escudié
Une recherche d'intensité. François Bon
Queston à ... Nadine Etchto-Tharel, conseillère pour le livre et la lecture à la DRAC Languedoc-Roussillon
Questions à ... Line Colson, La Boutique d'Ecriture.
Nous avons à toucher le monde. Hervé Piekarski
A priori… je suis contre. René Pons
Témoignage. Marie-Christine Facchineri
Portrait de l'auteur en funanbule. Régine Detambel
Veillir mot à mot. Valérie Schlée




L’animateur, comme tous les funambules, n’a qu’une mission visible, celle de faire lever la tête. Faire prendre conscience. De quoi ? D’une révolution. C’est que les ateliers révèlent à chacun une faculté exceptionnelle, qu’il faut croire d’ordinaire enfouie, et que tous peuvent voir à l’œuvre sur eux-même : ils étaient des dormants et, dans l’atelier, il faut se rendre à l’évidence, le mort se révèle soudain comme vivant. L’exaltation est absolue. Chaque proposition d’écriture fait tressaillir et boire ce qui était immobile, sec, dans la tête et dans l’existence. Une proposition d’écriture ne met pas une petite ligne d’ordre dans le chaos d’un cerveau oisif. Elle est un coup de bêche. La rêverie qu’elle lance ou qu’elle déchaîne est une révolution comparable à celle qu’opère la charrue ou la pelle, lorsque, tout à coup et pour la première fois, sont mises au jour des millions de parcelles, de paillettes, de racines, de vers et de petites bêtes jusqu’alors enfouies.
La proposition d’écriture est bien cette petite phrase coupante, jaillie des lectures de l’animateur, et qui lance l’atelier. Elle est une découpure qui donnera peut-être des chefs-d’œuvre sur l’ongle. Elle est une pointe sèche qui va permettre aux participants d’émietter l’univers pour tenter, ensuite, de rassembler le parcellaire et de le travailler pour aboutir à ces petites séquences de continu que l’on appelle la narration.
Comment lancer sa toupie ? Où trouver un bord — un bord dangereux, et la force de le gravir ? C’est nous, les animateurs, qui mettons l’atelier en transe et qui donnons de l’élan aux toupies.

Régine Detambel
© Photo Richard Bruston




Régine Detambel est écrivain. Elle vient de créer ses propres ateliers d’écriture, à Juvignac, dans l’Hérault. Elle a publié une trentaine d’ouvrages, traduits notamment en allemand, suédois, grec, brésilien ou japonais. Derniers romans parus : La Patience sauvage (Gallimard, 1999) & La Chambre d’écho (Le Seuil, 2001). Pour mieux la connaître, consultez son site www.detambel.com


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