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Contrepoint(s) numéro 2
> Entretien avec Maïthé Vallès-Bled
Organisatrice des Voix de la Méditerranée, festival de poésie



Contrepoint(s) : Maïthé Vallès-Bled, vous êtes directrice des affaires culturelles et conservateur du musée de Lodève. Le public régional vous connaît pour les superbes expositions que vous avez organisées ces deux dernières années : Utrillo, puis Marquet. Vous êtes aussi l’instigatrice et organisatrice du festival Voix de la Méditerranée qui connaîtra en juillet sa deuxième édition. Une semaine durant en juillet 98 les places, placettes et ruelles de Lodève avaient accueilli près de soixante dix poètes, des spectacles de musique de danse et de théâtre. Quelles innovations nous proposerez- vous cette année ?

Maïthé Vallès-Bled :
La formule que nous avons initiée l’an dernier pour Voix de la Méditerranée est une formule qui a été pensée, choisie et qui n’est pas remise en question. En revanche nous prévoyons un certain nombre d’améliorations dans le fonctionnement et l’extension de l’invitation des poètes. L’an passé nous avions soixante six poètes, nous en invitons une dizaine de plus cette année. Autre innovation la présence de nouveaux pays qui n’étaient pas représentés l’année dernière, comme Chypre, l’Émirat de Bahrein, la Libye ou le Portugal. Ces poètes viennent de tous les pays méditerranéens, ils vont s’exprimer dans leur langue d’origine, chacun sera accompagné d’un traducteur qui pourra être soit un poète, soit un critique ou encore un comédien. Nous avons également étendu le nombre de lieux qui seront investis, nous en comptons à peu près vingt cinq qui correspondent à autant de manifestations quotidiennes. Nous proposerons ainsi plus de rencontres. Nous sollicitons les poètes à la fois pour qu’ils interviennent durant ces rencontres mais aussi pour qu’ils séjournent le plus longtemps possible à Lodève. Autre mise en place nouvelle qui relève du projet régional et qui n’avait pu être conduite en 1998, c’est l’extension d’un certain nombre d’actions sur la durée totale de l’année. Cela est extrêmement important pour nous, c’est un travail à réaliser envers la population autochtone aide à l’implantation de cette manifestation. En même temps nous développons un réseau qui s’était déjà bien installé la première année, celui des bénévoles, c’est à dire des habitants qui, d’une manière ou d’une autre, participent à la mise en place du festival.

Contrepoint(s) : En prêtant leurs cours par exemple ?

Maïthé Vallès-Bled :
A différents niveaux, en prêtant effectivement leur cour pour certains propriétaires d’hôtel particuliers, mais aussi en accueillant des poètes chez eux, en participant à la tenue des lieux, à l’accueil du public, en allant, pour certains faire découvrir la région immédiate, ou encore en accueillant des poètes à l’aéroport ou à la gare, ou plus généralement en préparant la ville. Par exemple, cette année, nous avons mi en place la fabrication de bougies, elles vont être réalisées par des associations du troisième âge, des maisons de retraite et les écoles. Ces milliers de bougies seront distribuées aux habitants de Lodève par ceux qui les auront fabriquées, à charge pour chacun de les installer sur sa fenêtre le soir, durant le Festival. Cela a pour objectif de faire se rencontrer les gens. Quand des Lodévois vont frapper chez d’autres Lodévois et leur offrent quelque chose qu’ils sont destinés à offrir eux même à leur tour, il y a des choses sympathiques qui peuvent se passer.

Contrepoint(s) : Les liens qui unissent peintres et poètes sont bien connus des bibliophiles, mais qu’est-ce qui conduit un conservateur de musée à proposer une telle programmation littéraire ?

Maïthé Vallès-Bled :
Je crois que cela relève sans doute d’abord de goûts personnels, il est vrai que la poésie est un domaine qui m’intéresse. J’ai toujours, dans les musées où j’ai travaillé, fait quelque chose autour de la poésie : des rencontres, des conférences...
Je crois que la poésie est des un axes de la création le plus éminemment populaire contrairement à nombre d’idées reçues qui considèrent que la poésie est réservée à une élite. Quelque soit sa poésie, un poète que l’on installe dehors, dans la rue, dans un lieu public et qui va lire, dire, ou pour certains jouer ses textes, déclenche quelque chose auprès de ceux qui l’écoutent. La poésie sollicite chacun de nous dans ce qu’il a de plus personnel, de plus intime et secret et en quoi chacun peut se reconnaître, c’est une parole de l’Homme sur l’Homme. J’en veux pour preuve se qui se passe dans un certain nombre de pays où la tradition orale s’est maintenue, l’Afrique, l’Orient, l'Amérique centrale et latine, la poésie y est bien plus présente que chez nous, peut-être n’allons nous pas assez souvent en direction de tous les publics, du public de la rue.

Contrepoint(s) : Doit-on voir une relation entre le choix des poètes invités - portés par un souffle lyrique et épique plus que strictement formel - et les grandes expositions que vous proposez depuis deux ans loin d’expériences comme les rétrospectives de Support surface au Jeu de Paume et du Consortium à Beaubourg ?

Maïthé Vallès-Bled :
Je ne reconnais pas vraiment notre programmation dans votre approche, il est vrai que l’an dernier nous avions invité un certain nombre de poètes qui vont dans ce sens, mais notre choix n’est pas de nous en tenir à ces poètes là. Nous nous attachons surtout à réunir des poètes qui comptent dans la poésie contemporaine dans tous les pays de la Méditerranée.

Contrepoint(s) : Comment s’opère le choix des poètes invités, vous faites appel à des compétences extérieures notamment aux compétences de Marc Delouze qui assure la co-programmation ?

Maïthé Vallès-Bled :
J’ai voulu travaillé depuis le début avec Marc Delouze qui est le créateur des Parvis poétiques à Paris. Je le connais depuis longtemps, j’ai été en relation avec lui à plusieurs reprises et cela m’intéressait beaucoup de travailler avec lui. Je crois qu’il importe pour la mise en place d’un festival comme celui-ci de s’entourer d’une équipe, de gens compétents et efficaces, bien sur, mais aussi de personnes avec qui on partage une sensibilité littéraire, c’est le cas avec Marc.

Contrepoint(s) : Nombre de festival ne se contentent plus aujourd’hui d’être des catalogues d’animations, de spectacles, il sont portés par une problématique, un projet… Il n’échappe à personne que le Lodévois connaît une situation économique difficile qui affecte son image, le festival Voix de la Méditerranée n’est-il pas confronté au double enjeu de contribuer au développement des hauts cantons en bâtissant une image dynamique et valorisante de cette région et de traiter d’une problématique purement culturelle ?

Maïthé Vallès-Bled :
Un préalable à ma réponse. On peut se demander pourquoi la poésie à Lodève ? Pourquoi la poésie méditerranéenne semble plus évident : nous sommes en pays méditerranéen.
Il y a vraiment eu au départ la volonté de créer une manifestation qui prenne en compte la réalité de cette ville, non seulement aujourd’hui mais aussi dans son histoire. Lodève est une ville qui a une histoire forte, une réalité humaine, sociologique, qui en fait une sorte de microcosme des cultures méditerranéennes. En tous cas, il y a à Lodève un ensemble de communautés qui font que ces cultures cohabitent. Donc créer une manifestation qui a pour principal fondement l’expression de ces cultures c’est évidemment s’appuyer sur un tissus local qui fait que d’emblée une manifestation de ce type ne peut pas être plaquée. Les Voix de la Méditerranée s’inscrivent aussi dans cette volonté de mettre en œuvre par le biais culturel une dynamique qui a pour objectif, bien au-delà de la ville, de développer l’économie locale. Cela passe par différentes choses : d’une part donner une image de cette ville qui contredise d’une certaine manière l’image pas très positive qui a été véhiculée ces dernières années, notamment à travers les difficultés économiques qui ont été celles de Lodève. Donc il s’agit aussi de modifier cette image et d’en proposer une qui colle à la réalité et à la richesse patrimoniale de Lodève. Le deuxième objectif est de faire découvrir cette richesse patrimoniale. Le fait que Voix de la Méditerranée se déroule dans toute la ville, dans une multiplicité de lieux, places, cours, angles de rues, jardins, a pour objectif d’inciter à la découverte de ce patrimoine. Lodève a connu ses heures de gloire au XVII et XVIIIèmes siècles, il en reste toute une trace à travers un nombre exemplaire d’hôtels particuliers, lesquels contiennent des cours le plus souvent calladées, ce qui est typique de l’architecture de l’Hérault. Nous nous sommes rendu compte que beaucoup de Lodévois découvraient ou redécouvraient un leur ville. C’est une mise en valeur de ces lieux par l’utilisation qui en est faite, une utilisation des plus noble qu’on puisse imaginer : la poésie, le discours sur la vie. Le troisième volet est d’établir un lien avec la population locale et le quatrième de faire venir à Lodève un public extérieur, là l’enjeu économique apparaît fortement.

Contrepoint(s) : L’an passé vous avez bénéficié d’un partenariat important des entreprises locales, cela a-t-il été facile à obtenir ?

Maïthé Vallès-Bled :
Vous savez bien que les partenaires économiques ne sont jamais facile à convaincre. D’une certaine manière nous avons tiré avantage de l’audace de vouloir implanter ce type de manifestation, nous avons aussi bénéficié d’une écoute attentive du résultat connu des expositions qui ont été organisées les précédentes années. Dans l’esprit de nos partenaires tout est lié, il aurait sans doute été plus difficile de les convaincre si nous n’avions pas précédemment organisé l’exposition Utrillo, avec le succès que l’on connaît. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’avais renoncé à faire démarrer Voix de la Méditerranée la même année qu’Utrillo. Il me semblait qu’il fallait prendre le temps de préparer aussi bien l’organisation du festival que les esprits. Il fallait asseoir la crédibilité de l’équipe, les festivals sont nombreux, celui-ci n’est pas tout à fait un festival comme les autres tant par son propos, la poésie, que par ses enjeux, à la fois culturels et économiques. Il en va de la vie de la ville, bien évidemment la culture n’est pas le seul atout de la ville, mais c’en est un important. C’est un pari audacieux de la part de l’équipe municipale d’une ville de sept mille habitants de faire de la culture un de ces enjeux majeurs.

Contrepoint(s) : Cette place donnée à la culture dans le projet municipal est un élément motivant pour un conservateur de musée, n’est-ce pas ?

Maïthé Vallès-Bled :
C’est ce qui m’a intéressé. Contrairement à ce qui se pratique habituellement, je n’ai pas choisi un musée plus grand dans une ville importante, j’ai vraiment eu envie de relever ce pari. Il y a là quelque chose qui m’intéresse dans l’esprit, la volonté et l’enjeu.

Contrepoint(s) : Revenons au festival, vos partenaires vous ont suivi cette année avec plus de conviction.

Maïthé Vallès-Bled :
Sur le plan local chacun a pris la mesure de l’intérêt de cette manifestation et de l’intérêt que tous avaient à se fédérer pour faire vivre et dynamiser cette ville. Je suis frappée par cette volonté des partenaires locaux de participer bien autrement que financièrement.

Contrepoint(s) : Vous aviez, en 1998, proposé aux éditeurs de participer à un marché du livre durant toute la durée du festival, qu’en sera-t-il cette année ?

Maïthé Vallès-Bled :
Nous renouvellerons ce marché de la poésie et du livre méditerranéen.

Contrepoint(s) : Cela ne pose pas de problème de mobiliser les éditeurs sur une durée aussi longue ?

Maïthé Vallès-Bled :
Il est vrai que cela a été une difficulté a laquelle s’ajoutait celle des plages horaires qu’il était nécessaire de revoir. Nous avons tenu compte des observations faites, mais il nous faut expliquer que tout cela se construit, qu’on doit le construire ensemble. Il y a sans doute une, deux ou peut-être trois années de mise en route de ce marché de la poésie. Il est pour moi extrêmement important, la poésie c’est d’abord l’écrit, il faut ménager une place - cette place- au livre. Il faut aussi que ce marché soit un lieu vivant, un lieu où il se passe un certain nombre de choses en plus de la présence du livre et des éditeurs. Cette année nous avons changé le marché de place, il sera installé dans un espace ombragé au centre de la ville, un espace plus passant et plus confortable. Nous avons également prévu au sein du marché un lieu de rencontres où se dérouleront les rencontres Duos qui réuniront chaque jour deux des « plus grands » poètes invités. Un podium Voix libres sera aussi installé dans le marché, il permettra à ceux qui écrivent de la poésie de la lire et cela dans une forme que nous gèrerons par des réservations. Ainsi le marché sera un lieu de présence et d’intervention permanentes des poètes. Il faut préciser que ce marché de la poésie est organisé avec la bibliothèque municipale. Son directeur, Christian Riowal, a en charge, en liaison avec Marc Delouze et moi-même, la gestion du fonctionnement de ce marché.

Contrepoint(s) : Un des éléments qui fondent la légitimité d’un festival c’est sa place dans le milieu littéraire et professionnel, quelles sont les relations entre l’équipe organisatrice, les éditeurs, les écrivains, les critiques… ? Y a-t-il une formalisation des ces relations ?
Maïthé Vallès-Bled :
Nous avons confié la présentation de la quasi-totalité des manifestations à une équipe composée de journalistes, de spécialistes -comme l’Institut du monde arabe- de poètes ou encore de professeurs de littérature, chacun animera un lieu. Chaque lieu a été « attribué » à un membre de cette équipe et verra se succéder des intervenants différents tout au long de la journée. Cela est destiné aussi à créer des ponts entre les créateurs et l’univers de la littérature.

Contrepoint(s) : Des actions dans le domaine du livre, notamment des ateliers d’écriture, ont lieu toute au long de l’année à Lodève, avec la bibliothèque, comment s’opère la liaison entre le public mobilisé de manière régulière et cette manifestation ponctuelle ?

Maïthé Vallès-Bled :
Les ateliers d’écriture sont une activité importante à Lodève, nous avons été attentifs à leur réserver une place, c’est à travers le podium Voix libres que sera porté à la connaissance du public ce qui se passe dans ces ateliers.

Contrepoint(s) : Parallèlement à la programmation littéraire Voix de la Méditerranée propose des concerts, quels rapports existent entre ces programmations ?

Maïthé Vallès-Bled :
La programmation musicale ou de récital est liée à la volonté de montrer que le texte poétique peut s’exprimer d’une autre manière et que le chant est également une forme populaire de la poésie. Il en est ainsi de La Nuit Obscure qui est une mise en musique de poèmes de Saint Jean de la Croix. Cela implique que l’on ne s’inscrive pas dans le circuit commercial du show business. Nous avons souvent des discussions, au sein de l’équipe, avec ceux qui gèrent la communication : est-ce que nos choix sont suffisamment grand public pour attirer ceux qui ne viennent pas d’emblée à la poésie, nos invités sont-ils des locomotives ? Certains le sont, d’autres non. Le rôle que nous nous sommes assignés est de faire découvrir, je crois que c’est en ne souscrivant pas aux impératifs du show business que nous arriverons à asseoir l’identité de Voix de la Méditerranée. Cette année nous avons essayé de combler un certain nombre de lacunes liées aux difficultés que l’on rencontre lors d’une première édition. Nous avions par exemple insuffisamment informé les réseaux de communication dans le domaine de la poésie comme les maisons d’écrivains, les maisons de la poésie ou les associations qui s’occupent de poésie. Beaucoup de gens ont appris l’existence du festival après coup. Il est important de ne pas hésiter à se remettre en question. Je sais que tout n’est pas parfait en terme d’organisation, en revanche ce que je défends s’est la philosophie du projet, la qualité, la multiplicité des interventions en même temps, même si cela oblige les spectateurs à faire des choix. Même si l’on nous dit qu’il y a trop de choses en même temps cela ne sera pas remis en question, c’est de là que naissent une dynamique, une atmosphère, l’identité du festival.

Contrepoint(s) : Cela oblige le public à faire des choix.

Maïthé Vallès-Bled :
La programmation est ainsi articulée que même si le public « rate » un poète, il peut le voir à un autre moment, dans un autre lieu. Il est évident que l’on ne peut pas tout voir. Faire des choix c’est déjà être acteur, cela m’importe beaucoup.

Contrepoint(s) : Et il reste le livre pour retrouver les poètes.

Maïthé Vallès-Bled :
Bien entendu, et le livre, lui, est permanent.

Contrepoint(s) : Vous êtes attentive à faire découvrir la poésie à tous, y compris à ceux qui ne fréquentent ni le livre ni les bibliothèques, cela suppose un travail en amont du festival. Comment avez-vous envisagé cela ?

Maïthé Vallès-Bled :
Nous ne nous sommes pas seulement intéressé au travail en amont, mais aussi au travail en aval. Cela passe par l’organisation d’ateliers, d’animations, de rencontres entre des créateurs, des artistes et la population. Nous travaillons pour cela avec des associations culturelles ou sociales de Lodève. Par exemple le Tryptik-Théâtre organise, avant le festival, des actions avec les maisons de retraite, l’atelier vidéo du centre culturel Lutéva. Une chorégraphe travaillera en juin avec les écoles, les enfants présenteront leur travail dans la rue durant le festival. Nous sollicitons les pâtissiers afin qu’ils réalisent un biscuit du festival qui contiendra un papier sur lequel seront inscrits des vers de poésie. Bref, des actions qui incitent chacun, avec ses compétences, à participer, à être fier de ce qu’il va réaliser. Nous avons une volonté d’implication de plus en plus large de la population.
Le festival a aussi fait naître des actions qui dépassent son propre cadre. Nous avons suggérer aux différents pays participants et aux pays francophones d’organiser des résidences à Lodève. En amont du festival nous invitons un poète à résider à Lodève, à poser un regard sur cette ville et à produire un texte à partir de son séjour. L’an passé nous avons invité Denise Boucher, à la suite de ce séjour la Maison des écrivains du Québec a décidé d’implanter une résidence d’écrivain à Lodève et a acquit un immeuble ici. Sept ou huit poètes devraient se succéder tout au long de l’année. La première résidence débutera en 2000, la sélection des poètes est organisée en ce moment par les Québécois. D’autres contacts sont en cours, cela pourrait faire de Lodève un nœud de la création littéraire méditerranéenne et francophone.

Contrepoint(s) : Pour terminer cet entretien, quel livre lisez-vous en ce moment ?

Maïthé Vallès-Bled :
Cantique des plaines de Nancy Houston (disponible chez Actes sud ou en poche chez J’ai lu).

Entretien réalisé par Dominique Mans non loin du Christ aux outrages et des Faunes de Paul Dardé.


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