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Dans le cadre du Mois du Patrimoine écrit 2002, la BIU de Médecine de Montpellier et plus particulièrement ses trésors ont fait l'objet d'une exposition et d'un catalogue.


Images du savoir : une bibliothèque médiévale inspirée des Lumières



David jouant de la lyre sur un psautier carolingien, une dissection anatomique, un Perceval sonnant du cor, un portrait de Pétrarque ou une mappemonde du XVIe siècle, toutes ces images peuvent être considérées comme des représentation du savoir médiéval. Savoir d'abord religieux, et diffusé par le canal des monastères, mais aussi, et de plus en plus au fil du temps, savoir profane, avec les romans de chevalerie, ou savoir universitaire et scientifique : droit, philosophie, astronomie, et bien sûr médecine.
Car c'est pour une bibliothèque médicale que fut constituée cette collection de manuscrits enluminés : la Bibliothèque universitaire de médecine de Montpellier. L'exposition " Images du savoir " en présente une large sélection.

Si l'Ecole de médecine montpelliéraine est célèbre pour être la plus ancienne d'Europe encore en activité, sa bibliothèque, elle, est de constitution bien plus récente : elle doit son existence, pour l'essentiel, aux confiscations révolutionnaires et à l'action remarquable d'un médecin bibliophile et érudit, Gabriel Prunelle.
L'amour du beau livre explique sans doute pour une part les choix de Prunelle, mais on ne saurait s'en tenir là. Pour cet héritier des Lumières, il est évident qu'un étudiant en médecine ne peut se contenter d'ouvrages traitant de son art, ni même d'ailleurs d'ouvrages récents : la tradition doit nourrir sa réflexion, la beauté bibliophilique être au service de la science.

L'importance de l'image est particulièrement évidente dans ses choix : au XVIIIe siècle, elle est, il est vrai, devenue un bien de consommation accessible à tous, dont le supports comme les sujets se sont largement diversifiés, surtout grâce à l'imprimerie et à la gravure. Plus encore, l'image est indispensable à la diffusion des savoirs scientifique et technique. Mais cela est tout aussi vrai, pour Prunelle, de l'image manuscrite : à une époque où il paraissait invraisemblable à la plupart de considérer l'enluminure comme une forme d'art, il fait œuvre de pionner en réunissant de tels ouvrages dans tous les domaines.


Images du savoir, les manuscrits sont présentés dans un ordre qui, loin d'une classification objective des sciences médiévales, se veut plutôt un reflet de la collection, de ses points forts et de ses ambitions.
La religion vient donc en premier, par le nombre et l'ancienneté des manuscrits concernés, comme par le rôle qu'ils ont dans la transmission de ce savoir médiéval. La médecine prend la suite, puisque c'est la discipline enseignée à l'Ecole, complétée par d'autres sciences universitaires que sont le droit ou l'histoire, puis par la littérature et les " arts libéraux " : grammaire, musique, astronomie. L'ensemble est encadré par deux encyclopédies manuscrites qui se veulent un symbole du caractère universel du savoir ainsi rassemblé. Elle s'achève sur un atlas du XVIe siècle, offrant en guise, de conclusion et d'ouverture sur l'avenir, une vision du monde nourrie à la fois de l'Antiquité, du Moyen-Âge et des premières grandes découvertes de la renaissance.


> Coordonnées
Bibliothèque Universitaire de Médecine
2, rue de l'Ecole de Médecine
34000 Montpellier
Tél : 04 67 66 27 77
Contacts : Hélène Lorblanchet et Mireille Vial


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